期刊名称:Kentron. Revue pluridisciplinaire du monde antique
印刷版ISSN:0765-0590
电子版ISSN:2264-1459
出版年度:2004
期号:20
页码:15-45
DOI:10.4000/kentron.1820
出版社:Presses universitaires de Caen
摘要:Pour l’helléniste de ma génération, voire d’une génération plus récente, voire même pour l’honnête homme cultivé français, comme on disait autrefois, démesure est d’abord l’équivalent typique, stéréotypé, du mot grec ὕβρις, que l’on transcrit d’ailleurs aussi parfois purement et simplement en hybris 1 , lorsque, dans quelque ouvrage ou article, on n’est pas tenu au rôle du traducteur qui doit en principe éviter le calque. Le dernier dictionnaire grec-français, le Magnien-Lacroix, donne ce mot de démesure comme sens premier et focal à retenir pour traduire le mot grec hubris (ὕβρις) 2 . Démesure est en effet un vieux mot français contemporain des chansons de geste et qui était alors employé au physique et au moral, en bonne comme en mauvaise part. Tombé en désuétude après le xv e siècle, il est néanmoins signalé en 1863 par Littré qui le trouvait excellent, et souhaitait le voir « rétablir à l’aide de démesuré ». Les dictionnaires français de la seconde moitié du xx e siècle consacrent ce rétablissement, mais, conformément à la définition de Littré, essentiellement au sens moral et toujours en mauvaise part, et, qui plus est, bien souvent avec des implications métaphysico-religieuses qui en font alors un dépassement des limites de la condition humaine et une usurpation du divin. Cette renaissance s’est surtout faite à l’aide des hellénistes et du mot hybris 3 : le Trésor de la langue française cite un texte de philosophie religieuse qui parle de la « démesure de l’hybris » 4 , et le Grand Dictionnaire Larousse un passage de Paul Mazon qui oppose la démesure de Zeus à la symétrique démesure de Prométhée 5 . Paul Mazon, qui, en 1928, dans sa traduction des Travaux et des jours d’Hésiode emploie systématiquement « démesure » pour traduire hubris (ὕβρις), semble bien avoir joué là un rôle tout particulier.
其他摘要:The usual French translation of the Greek word ὕβρις is “démesure”, a word which now conveys a sense of condemnation of excess (esp. as a transgression of the limits of human condition) – a view very similar to the the use of the English word hubris (or hybris), and asserting the ‘traditional’ view of hybris (cf. Fisher, Hybris, 1992, 2-3). It is related with the old etymology derivating the word from ὑπέρ. The paper by J.-L. Perpillou (RPh, 61, 1987, 197-199, reprinted, with the insertion of one §, in Recherches lexicales en grec ancien, Louvain, 1996, see 129-131) gives a new life to the etymological relation with βρι and insists on the meaning of crushing (and especially rape). This article is a study of these παρονομασίαι and semantical associations in Hesiod and Homer and a few later texts. – With, as a postscript, a short study of the sentence τίκτει κόρος ὕβριν and derivative forms. They seem, in fact, to be derivatives from the form of the sentence in Solon (Fr. 8, 3 G.-P.); but this could be, not an original and Solonian gnome, but a traditional saying about the dangers of symposia. If that is the case, it can be translated as Drunkeness is the mother of Rape (French: “Soûlerie est mère de Viol”).