Dérangées par les touristes, voire nourries, les marmottes montrent des modifications de leur comportement face au développement des activités récréatives et touristiques en montagne : elles passent par exemple plus de temps à la surveillance et moins de temps à fourrager, et semblent également diminuer leur vigilance à l’égard de l’humain (Louis et Le Berre, 1995 ; Griffin et al . 2007). Or, la marmotte est le symbole de la faune sauvage alpine, facile à observer et attachante car propice à l’anthropomorphisme (Fourcade, 1995). L’augmentation continue du nombre de pratiquants en montagne venus assouvir un désir de nature pose donc la question de leur impact sur cette faune sauvage emblématique.
Le poster présente les résultats de l’enquête réalisée auprès des pratiquants de sports de nature et des professionnels de la montagne au col du Lautaret de mars à juillet 2017. Elle est composée d’une étude quantitative réalisée à partir de 500 questionnaires passés auprès des pratiquants de sports et d’une partie qualitative fondée sur 12 entretiens de professionnels et de sportifs.
Plus de la moitié des répondants au questionnaire ont vu des marmottes et la majorité se déclarent « tout à fait content » d’en apercevoir. Cette rencontre constitue donc « un plus » à la sortie sportive, voire un but pour certains randonneurs. La superposition des observations de marmottes par les répondants et du nombre de répondants par parcours permet de voir que les territoires de pratiques sportives et de vie des marmottes se recoupent en partie. Ainsi, même si certains itinéraires sont sélectionnés pour « aller voir les marmottes », les espaces les plus fréquentés par les pratiquants ne sont pas toujours ceux où le maximum de marmottes est observé. Dès lors, comment les pratiquants perçoivent-ils cette proximité, quelles sont leurs perceptions et la représentation de leur impact pour les populations de marmottes ?